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8 février 2012 3 08 /02 /février /2012 17:21

 

En tant que docteur ou doctorant, nous sommes amenés à partager nos expériences, à développer notre sens de la communication, à échanger, parfois même à enseigner. De là à se spécialiser dans un métier mettant ces atouts en valeur ? Oui, mais lequel ?


"Communication, Médiation et Vulgarisation Scientifique". La thématique est accrocheuse, si l’on en croit la salle comble venue écouter et interroger les professionnels intervenants. Cette nouvelle table ronde nous aura permis d’entrevoir les possibilités d’emploi se cachant derrière ces trois mots.


La communication scientifique, au sens large du terme, dépend de la cible visée. Nous en avons eu plusieurs exemples par nos différents intervenants. Aude Burban, chef de projet à l’IDIS, ne s’adresse qu’à des entreprises, professionnels de la santé, des biotechnologies ou encore de l’énergie. Quant aux chargés de médiation scientifique Gilles Mangeret et Anaïs Poncet, intervenants pour Universcience, c’est face à un public d’amateurs qu’ils travaillent (particuliers novices comme initiés, groupes scolaires, familles...). Mais les métiers de la communication peuvent également conduire à prendre la place d’intermédiaire entre professionnels et particuliers. C’est le cas de Cathy Oualian, chargé de projet pour l’association Paris Montagne, mettant par exemple en relation des jeunes défavorisés avec le monde de la recherche. C’est aussi le cas de Tanguy Schindler, créateur de la société de médiation scientifique Antécia, visant à réaliser et animer pour tous les publics des évènements scientifiques à la demande d’entreprises. Quelle que soit leur activité, il est évident que nous avons écouté lors de cette table ronde des passionnés. Les qualités d’un bon scientifique sont certes importantes, mais le facteur relationnel est ici primordial. Ces métiers demandent des qualités humaines, d’écoute, de parole.


L’adaptabilité est également un point clé, car chaque mission engage des connaissances nouvelles et des interlocuteurs différents. Les professionnels de la communication s’accordent à dire que la routine n’a pas sa place dans leurs activités : c’est cette constante nouveauté qui reste leur moteur. Les médiateurs scientifiques de la Cité des Sciences et de l’Industrie doivent par exemple, se documenter lorsque de nouvelles expositions sont programmées. Ils enrichissent leurs connaissances pour pouvoir présenter les contenus des expositions, répondre aux interrogations du public, l’aiguiller dans sa visite. Il est nécessaire d’adapter le discours à la catégorie de visiteur rencontrée pour pouvoir attirer son attention et l’intéresser. Cette ouverture d’esprit et cette polyvalence sont également indispensables à Aude. Elle peut être chargée de projets aussi différents que ceux concernant les biomolécules à visée thérapeutique ou les énergies renouvelables bretonnes ; mais Aude a aussi des missions de rédaction de benchmark ou l’organisation d’évènements interentreprises.


Plusieurs métiers en un, et des dénominations de postes variées : chargé de communication, chargé de projet, conseiller scientifique, médiateur... Mais aussi journalistes, éditeurs, chargé de contenus web... Sans compter les chercheurs ou enseignants chercheurs pouvant ponctuellement intervenir en médiation. Et concernant la formation à avoir pour intégrer les métiers de la communication scientifique ? celle-ci reste floue. Il ressort clairement qu’il est plus important d’avoir des qualités de bon scientifique, plutôt que d’être proprement dit un scientifique. Certes, nous sommes ici entre docteurs et doctorants, mais la fibre scientifique est là plus importante que le diplôme. Parmi les intervenants, nous retrouvons deux docteurs en sciences (Aude et Cathy), et seulement deux ont suivi une formation en médiation (Cathy via le CNAM en cours du soir, et Anaïs un master à l’Université). Selon leurs confidences, ce n’est pas par ce biais directement qu’elles ont trouvé un poste. Prenons pour exemples Aude, qui est entrée chez IDIS grâce à son parcours associatif et le fait qu’elle a organisé des évènements comme les rencontres Biotechno. Cathy et Anaïs ont décroché un CDD dans leur entreprise actuelle par le biais de stages et les rencontres faites au cours de ceux-ci. Tanguy a quant à lui souhaité se lancer dans la création d’entreprise pour répondre à la demande actuelle en médiation scientifique, qui est amenée à évoluer avec l’approche numérique des sciences ou encore l’autonomie des universités.


La curiosité et la rigueur avant tout, donc. Et pour décrocher un poste, le réseau et le savoir faire. Malgré tout, ces professions ont une activité sur le marché du travail qui reste à l’heure actuelle ralentie. Cathy et Anaïs (en CDD) ne savent pas de quoi demain sera fait, mais ne regrettent en rien leur engagement dans cette voie, les difficultés étant, selon elles, compensées par le bénéfice d’un métier passionnant. Notez par ailleurs que Paris reste une ville riche en musées et associations à caractère scientifique, ce qui n’est pas encore le cas des autres grandes villes, qui n’ont en général que leurs collections universitaires à mettre en avant. Selon Tanguy Schindler, les métiers de la médiation et de la vulgarisation scientifique seront donc peut être mis à l’honneur et voués à se développer dans les prochains temps.


Beaucoup de demande, peu d’élus. Et faibles salaires (début de carrière à 1450 euros net/mois pour Cathy, 2800 euros net/mois pour Gilles, qui a le plus d’expérience). Peu d’élus ? Exception peut-être faite de la communication scientifique aux professionnels, qui tend à porter avec elle l’idée d’économie, de l’optimisation des coûts et de l’innovation. Les métiers du conseil s’y apparentent, et une entreprise cherchera toujours à optimiser ses projets, ayant pour cela besoin de personnel qualifié. Sachez d’ailleurs que, selon nos intervenants, 80% des postes ouverts à l’heure actuelle ne sont pas publiés sur Internet, mais restent en circuit fermé : d’où la nécessité de se créer un réseau, diversifier ses activités, prendre des contacts et participer à des évènements où les entreprises sont présentes. Pour cela, n’oubliez pas Di.Docs !


Natacha Janski, PhD, pour Di.Docs

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